Solo exhibition
Exposition personnelle
23.10.2026—05.12.2026
Galerie Loevenbruck
6, rue Jacques-Callot
Paris, FR
Petrol M*other Paris Ashley Hans Scheirl
Les opérations trans* ont toujours occupé une place centrale chez Ashley Hans Scheirl, qui se lance dans la création artistique à la fin des années 1970 avec le dessin, la peinture, la réalisation de films en Super 8, des performances, des installations et des œuvres sonores. Une période de vingt années consacrées au cinéma (plus de 50 films) sera suivie de trois décennies de peinture, principalement à l’acrylique sur toile. Cette année, après avoir fêté ses 70 ans, Scheirl a, une fois de plus, élaboré une nouvelle technique, adaptée à un moi en constante construction.
Sous le titre « Petrol M*other Paris », Scheirl nous surprend par une variété toujours plus grande de matériaux et de techniques : mine de plomb, pastel, crayons de couleur, bâtons de peinture à l’huile, stylo à bille, fusain, aquarelle, acrylique sur collage de papier imprimé – qu’il s’agisse de données boursières tirées du Financial Times, de dessins techniques issus du Bildwörterbuch [Dictionnaire illustré] ou d’impressions de détails de ses propres dessins.
Le passage de la toile au bois occupe une place centrale. Il était prévu depuis longtemps, mais l’étincelle qui a déclenché la décision est née d’une conversation entre Scheirl et Paul B. Preciado, qui ont pris conscience ensemble que Scheirl utilisait la peinture comme une performance de genre (« Hans » le peintre), même s’il s’agit en réalité d’art textile1.
Le bois est idéal pour le collage. Parce que c’est une surface dure2, on peut y fixer des objets et y découper des couches de papier à l’aide d’un cutter. En humidifiant le papier, la découpe peut facilement être retirée : le « couper-coller » prend dès lors une dimension physique. Avec cette nouvelle série d’œuvres, Scheirl (re)découvre l’érotisme du gribouillage au crayon de couleur bien taillé, plaçant les traits les uns à côté des autres – comme des cheveux – sur une couche de papier fine ou épaisse collée sur la surface fibreuse à l’aide de colle à papier peint. Composée à 100 % de cellulose, cette colle est, tout comme le papier, issue du bois. Humidifiée, elle se liquéfie. Sa consistance visqueuse évoque d’ailleurs l’idée de fluides corporels et, ce faisant, des émotions ambivalentes oscillant entre dégoût, joie et excitation.
En intégrant le dessin et la peinture dans une dynamique, à l’aide de chiffres et de fragments de texte, Scheirl fait écho au travail de Cy Twombly, qui met en évidence la vulnérabilité du signe et du sens au moment où ceux-ci glissent vers le néant, la saleté et les graffitis obscènes. En délaissant la surface lisse et aseptisée de l’acrylique durci au profit du fusain et des pastels, qui s’effacent ou s’envolent facilement, de morceaux de papier découpés et collés qui forment des structures précaires dépassant de la surface, ou encore des éléments en bois non traité susceptibles de se décolorer, l’artiste met en évidence la dimension fragile et mortelle de l’existence en ces temps de malheur et de transformation accélérée.
« … ses peintures rendent hommage aux
imperfections du geste, elles nous permettent de percevoir la vie de ce qui est
non-normatif et de l’informe. C’est alors seulement que la beauté dissidente
trans* émerge. Son travail montre la vivacité
du geste, mais il met également en scène, en s’en moquant, l’acte
de contention qui s’ensuit. C’est ainsi que nous voyons
la lutte et la violence de cet acte de retenue et
de contrôle. Dans ses expositions, il y a toujours quelque chose
d’excrémentiel, quelque chose qui dépasse cette restriction. C’est
pourquoi elles respirent, éclatent, débordent, coulent, bavent,
se déversent, vibrent, éjaculent, pompent, chient, fuient, s’affaissent, fusionnent, se courbent,
fondent, entraînent, absorbent, tombent, brillent — parce qu’elles osent
montrer leur caractère inachevé, leur vulnérabilité… »3
1. Paul B. Preciado « A Painter* of Modern Life », cat. exp., « In & Out of Painting* », Ashley Hans Scheirl au Belvedere 21, Vienne, 2026
2. Même si les panneaux sont en bois fin et léger, leur surface est stabilisée à l’arrière par une armature en bois massif.
3. Preciado, « A Painter * of Modern Life », op. cit.
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Performing trans*operations has always been central in the work of Ashley Hans Scheirl who started in the late 70ies with drawing, painting, super-8 filmmaking, performance, installation and sound work. A 20 years long period of filmmaking (over 50 films) was followed by three decades of painting, mainly acylic on canvas. This year, having celebrated their 70ies birthday, Scheirl, yet again, has developed a new technique adjusting to a self that is under constant construction.
Under the title “Petrol M*other Paris” Scheirl astonishes us with an even greater variety of materials and techniques: pencil, pastel, crayons, oil stick, ballpointpen, charcoal, watercolour, acrylic on collage of printed paper. Prints of stock market data from the “Financial Times”, technical drawings from “Bildwörterbuch” (Picture Dictionary) and print-outs from details of own drawings.
Central is the shift from canvas to wood. It was long planned, but the spark into action was brought about in a conversation between Scheirl and Paul B. Preciado, as they together realized that Scheirl has been using painting as gender performance (“Hans” the painter/le peintre), even though it is actually textile art.1
Wood is ideal for collaging . As it is a hard surface2 objects can be fastened, paper layers can be cut with a knife. By making the paper damp the cut-out can be easily removed: cut & paste made physical. With this new body of work AH Scheirl is (re)discovering the erotics of scribbling with a sharpened colour pencil, placing line next to line - like hair - onto a thin or thick layer of paper glued to the fibruous surface with wallpaper glue. It is of 100% cellulose which is - like paper - made out of wood. It liquifies when dampened. Its slimy consistency evokes the idea of bodily fluids and - in the process - ambivalent emotions between disgust, joy and arousal.
In putting drawing and painting into a dynamic, using numbers and text fragments Scheirl is citing Cy Twombly’s work which shows the vulnerability of sign and meaning in the moment they slide into nothingness, dirt and obscene graffiti. Leaving the sealed and sanitary surface of hardened acrylic for charcoal and pastels easily blown or wiped away, cut paper-bits taped into a precarious form sticking out of the surface or untreated wood details that might tinge, the artist points to mortality and the fragility of being in these times of doom and accelerated transformation.
“.... your paintings honor the
flaws of the gesture, allowing us to see the life of the
nonnormative and the unformed. Only then can dissident
trans* beauty emerge. Your work shows the liveliness
of the gesture but also stages and makes fun of the act
of containment that comes after it. And therefore we see
the struggle and the violence of this act of restrain and
control. In your exhibitions, there is always something
excremental, something exceeding that restriction. This
is why your exhibitions breathe, burst, spill, drip, drool,
pour, vibrate, sperm, pump, s/hit, leak, limp, merge, bend,
melt, upbeat, absorb, fall, shine—because they dare to
show incompleteness, vulnerability...”4
1. Paul B. Preciado ‘A Painter* of Modern Life’, exhibition catalogue ‘In & Out of Painting*’, Ashley Hans Scheirl at Belvedere 21, Vienna, 2026
2. Even as the wooden panels are of leightweight thin wood the surface is stabilzed by a solid wooden framework in the back
3. Paul B. Preciado ‘A Painter* of Modern Life’, exhibition catalogue ‘In & Out of Painting*’, Ashley Hans Scheirl at Belvedere 21, Vienna, 2026
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Portrait d’Ashley Hans Scheirl, 2021
Portrait of Ashley Hans Scheirl, 2021
© Photo Albrecht Fuchs.
© Photo Albrecht Fuchs.